Education à la paix


Femme, anthropologue, j'ai rencontré d'autres femmes, dans divers continents, en situation de violences. J'ai entendu des drames et des histoires inracontables. J'ai découvert des visages déformés, méconnaissables, mutilés par la haine et/ou la jalousie d'un homme. Pendant qu'elles me contaient les faits et toutes me racontaient une même histoire bien que chaque histoire soit singulière.

Je cherchais des solutions pour soulager la douleur, protéger, pour que cela ne se produise plus. Et cela arrivait. Avec une soeur, une fille, une voisine, une amie.

Cette discussion, cette posture de "confrontation", de "combats" dans le contexte de la recherche, de la réflexion et de l'écriture ont commencé à me déranger de telle façon que j'ai été obligée de m'arrêter pour évaluer, questionner et comprendre ces réactions, ces rejets. Outre le fait que je me sens totalement impuissante. Il était clair que nous ne traitons pas la violence à sa source. J'ai alors compris que la violence s'alimente de la violence. Elle fonctionne comme une tornade, une spirale sans fin qui se reproduit comme un ogre avide qui a toujours besoin de plus de viande fraîche pour exister.

Et, lorsque j'ai compris, il est devenu urgent de réfléchir à un nouveau paradigme, à une autre formulation. Pour ne pas abandonner. Pour nous donner une chance de continuer à accompagner, à appuyer des femmes en situation de violences, d'une autre façon, pour, réellement, éradiquer la violence. Pour accompagner aussi les auteurs de violence à sortir de ce cycle infernal.

Le mot violences était devenu omniprésent dans tout. Il avait envahi ma vie, toute ma vie; tous mes espaces. Le changement de posture est alors apparu comme fondamental, évident, pour donner une chance à la paix.

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